Anissa est responsable de la communication chez PETA France et fait partie de l’association depuis plus de cinq ans, après une formation de journalisme et du bénévolat chez diverses associations de protection animale.

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Le rendez-vous du mois

Anissa Putois

Voici quatre décennies que PETA existe. Quelles ont été les victoires les plus marquantes sur le territoire français ?

Les soutiens de PETA qui partagent et signent les actions et pétitions de notre association peuvent se vanter de nombreuses victoires ici en France : citons par exemple l’abandon de l’angora par la marque française American Vintage après près de deux années de campagne sans relâche, mais aussi les engagements de Chanel, Balmain, Jean-Paul Gaultier, The Kooples, Zadig & Voltaire, SMCP, Canada Goose, et tout récemment le groupe de luxe Kering, à ne plus jamais utiliser de fourrure animale. De nombreuses marques françaises ont également abandonné d’autres matières cruelles telles que le mohair (à ce jour, plus de 340 marques, comme Camaïeu, Comptoir des Cotonniers et Lacoste ont renoncé au mohair) et le cachemire, et Sephora ne vendra plus de cils en poils de vison.

D’autres industries ont également dû se plier à l’avancée de la cause animale : notamment la corrida, qui ne sera plus financée par le groupe Pernod Ricard, ou encore les activités touristiques impliquant les animaux, comme les delphinariums ou activités de nage avec les dauphins, dont le Club Med a annoncé ne plus faire la promotion.

Enfin, la victoire la plus marquante de ces dernières années est sans nul doute l’engagement du gouvernement français à faire fermer ses élevages producteurs de visons et à interdire, à terme, la vente de chiens et chats dans les animaleries, la détention d’animaux sauvages dans les cirques itinérants et la captivité et reproduction des cétacés dans les parcs marins.

La loi contre la maltraitance animale récemment votée par le Sénat correspond-elle à vos attentes ?

La loi contre la maltraitance animale est un très grand pas dans la bonne direction. Elle signe la fin de l’élevage d’animaux sauvages pour la fourrure, des cruels cirques animaliers et des delphinariums, et de la vente de chiens et de chats dans les animaleries.

Cette loi aurait bien sûr pu aller beaucoup plus loin : il est notamment vital d’étendre l’interdiction de vente à d’autres espèces (lapins, hamsters, gerbilles, furets, oiseaux… trop souvent achetés sur un coup de tête comme un jouet puis abandonnés ou négligés) et inclure la vente en ligne sur des sites de type Le Bon Coin, qui contribue directement à la surpopulation dans les refuges animaliers et permet des dérives.

Actions coup-de-poing, affiches de campagne jugées parfois « choquantes », les militants de PETA sont aussi connus pour dénoncer les violences envers les animaux sans faux-semblants. Heurter pour mieux sensibiliser ?

L’idée n’est jamais de heurter mais véritablement d’informer. Trop de personnes ignorent ce qu’elles financent par leurs achats (viande, cuir, foie gras…) et loisirs (cirques, zoos, aquariums…) et la souffrance d’êtres sensibles à laquelle la majorité s’opposeraient si elle se trouvait en toute connaissance de cause. Nous innovons constamment et cherchons des moyens créatifs et distincts d’atteindre tout le monde, pour que personne ne puisse dire « si seulement j’avais su ».

Vous défendez le fait de ne pas offrir d’animaux de compagnie à Noël. Pourquoi ?

Noël est une période joyeuse, certes, mais tout sauf calme et paisible. Les animaux de compagnie requièrent du temps, de l’attention, de la patience, et de l’argent – des choses qui se font rares en cette saison. Ce n’est donc pas le moment d’accueillir un nouveau chien, chat ou autre animal chez soi. Et que ce soit à Noël ou à toute autre période, voici pourquoi il est vital de résister à la tentation d’offrir un être vivant en « cadeau » : adopter un compagnon implique de s’engager à l’aimer et à prendre soin de lui pour une durée d’au moins quinze ans. Cela signifie également trouver un individu qui corresponde au mieux aux activités, à l’expérience, aux capacités et aux personnalités des membres de la famille. Ce n’est pas une décision qui peut être prise à la place de quelqu’un d’autre.

Beaucoup d’animaux offerts en « cadeau » (et surtout à des enfants, qui sont parfois trop jeunes pour s’en occuper convenablement) sont abandonnés ou fortement négligés quand l’effet de nouveauté s’estompe et que les familles se retrouvent dépassées.

À ce propos, comment sensibiliser ses proches à limiter, voire exclure la consommation de produits d’origine animale pour les repas de fêtes de fin d’année ?

La meilleure manière d’inciter ses proches à opter pour une alimentation sans produits animaux est de leur montrer, à coup de produits végans alléchants et de délicieux plats cuisinés, à quel point elle peut être riche en saveurs et que tout (même le foie gras !) peut être « véganisé ».

Informer ses proches de manière calme et avenante de ce qui se passe dans les industries de la viande, des œufs et du lait peut également les encourager à en apprendre davantage et à célébrer les fêtes avec compassion. Certains seront peut-être plus sensibles aux avantages pour la santé d’une alimentation végétale, et d’autres répondront plus favorablement aux arguments démontrant que l’élevage nuit drastiquement à notre planète.

Il y a tant de raisons de passer à une alimentation végane, il suffit de les faire découvrir à son entourage de manière patiente et positive.

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Florent Souillot et Yves Marry

infos : www.levelesyeux.com