Transition écologique

L’Agence française pour la biodiversité enfin mise en place

Yveline Nicolas

Instituée en début d’année, cette nouvelle agence aura-t-elle les moyens de faire face à l’érosion préoccupante de la biodiversité en France ?

Selon l’Union internationale de conservation de la nature (UICN), 9 % des mammifères, 24 % des reptiles, 23 % des amphibiens, 22 % des poissons d’eau douce et 32 % des oiseaux nicheurs sont menacés d’extinction en France métropolitaine. Et du fait de ses départements et territoires d’outre-mer, le pays compte également une faune et une flore particulièrement précieuses, qui représentent 80 % de la biodiversité nationale. La France a ratifié en 1994 la Convention internationale sur la diversité biologique (CDB) suite au sommet de la Terre de Rio de Janeiro, en 1992.

Mais, en France, la mise en œuvre concrète de la protection de l’environnement et de la biodiversité ne va jamais de soi. Il a fallu deux ans et demi de débats parlementaires pour l’adoption définitive, en août 2016, de la loi pour la Reconquête de la biodiversité, de la nature et des paysages, qui renforce la stratégie nationale pour la Biodiversité 2011-2020 et ses déclinaisons territoriales, dans chaque région. Mesure très attendue – annoncée lors du Grenelle de l’Environnement dès 2007, promise par le chef de l’Etat en 2012 –, l’Agence française pour la biodiversité (AFB) a enfin été instituée en janvier 2017.

Etablissement public rattaché au ministère de l’Environnement, de l’Energie et de la Mer, cette nouvelle agence pour la biodiversité exerce des « missions d’appui à la mise en œuvre des politiques publiques dans les domaines de la connaissance, la préservation, la gestion et la restauration de la biodiversité des milieux terrestres, aquatiques et marins. Elle vient en appui aux acteurs publics mais travaille également en partenariat étroit avec les acteurs socio-économiques. Elle a aussi vocation à aller à la rencontre du public pour mobiliser les citoyens en faveur de la biodiversité ». Organisée autour de trois pôles nationaux à Brest, Montpellier et Vincennes (où est basé son siège), l’AFB compte 1 220 agent-e-s, en majorité issu-e-s de l’Office national de l’eau et des milieux aquatiques (Onema). L’AFB est en effet la fusion de quatre organismes : l’Onema, l’Atelier technique des espaces naturels, l’Agence des aires marines protégées et les Parcs nationaux de France.

L’astrophysicien Hubert Reeves devient président d’honneur de l’agence, le président étant Philippe Martin, ancien ministre de l’Ecologie. L’AFB est dotée d’une enveloppe de 225 millions d’euros, qui n’est en fait que l’addition des budgets des organismes fusionnés, alors que ses missions vont être plus nombreuses. Par ailleurs, l’Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS) reste en dehors de la nouvelle agence, suite au lobbying actif des chasseurs. Et le rapport 2016 de la Cour des comptes indique que l’Onema, déjà épinglée pour sa gestion dispendieuse, doit « rapidement faire l’objet de réformes, sous peine de compromettre la réussite de l’AFB ».

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Yveline Nicolas

Coordinatrice d’Adéquations, association de sensibilisation, formation et soutien de projets en matière de développement durable, solidarité internationale, droits humains

infos : www.adequations.org