BILLET

CAP SUR LA COP

Lisa PUJOL

DéCEMBRE 2021

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Reportée d’un an en raison de la Covid-19, la COP 26 (Conférence des parties), présentée une fois de plus comme celle de la « dernière chance », s’est tenue à Glasgow du 31 octobre au 13 novembre avec pour objectif de prendre de nouveaux engagements afin de limiter le réchauffement climatique.

Ce sommet attendu avait aussi pour but de faire le point sur les aboutissements à la traîne des principales ambitions des accords de Paris ; à savoir, contenir d’ici à 2100 le réchauffement climatique en dessous de 2 °C par rapport aux niveaux préindustriels – de préférence, en dessous de 1,5 °C – et atteindre la neutralité carbone. Ce qu’il faut retenir : des prises de position inédites mais reconnues insuffisantes.

Parmi les sujets évoqués pour la première fois, la question du transport, avec, pour les divers signataires, la volonté que toutes les nouvelles voitures et camionnettes vendues soient zéro émission d’ici à 2040. Mais surtout, pleins feux sur les énergies fossiles, jusque-là trop peu abordées lors des discussions climatiques.

En effet, le Danemark et le Costa Rica se sont alliés pour créer et coprésider l’alliance internationale Boga (Beyond Oil and Gas), formée de douze pays et régions dont la France, pour accélérer l’abandon progressif de la production de combustibles fossiles. La France a aussi rejoint, en parallèle, une vingtaine de pays dans l’accord mettant un terme d’ici à 2022 au financement à l’étranger de projets d’énergies fossiles. Ces ressources ne sont pas illimitées dans le temps et leur extraction et consommation génèrent de grandes quantités de CO2. Les logements français dépendent en partie de celles-ci pour le chauffage, la cuisson, l’éclairage… Un modèle non durable qu’il est impératif d’abandonner et dont les solutions, proposées au fil des pages de ce dossier, ne manquent pas.

Autre avancée avec le méthane, responsable d’un quart du réchauffement climatique : une centaine de nations se sont engagées à réduire leurs émissions d’au moins 30 % avant 2030 par rapport à 2020.

C’est également une centaine de pays, dont le Canada, le Brésil, la Russie, l’Indonésie ou la République démocratique du Congo qui se sont retrouvés pour enrayer la déforestation d’ici à 2030, soutenus par un financement public et privé de 16,5 milliards d’euros.

Quelques initiatives isolées pour réduire les inégalités de sexe se sont péniblement introduites dans la grand-messe du climat, au moment même où plus que jamais les femmes et les filles sont les premières impactées par le changement climatique.

Et parmi les grands oubliés des accords de Glasgow : les pesticides et l’élevage industriel, les dirigeants russes, brésiliens et chinois (dont le pays émet le plus de CO2 au monde) et l’inclusion, de nombreux experts ayant vu leur accès aux réunions et conférences restreints du fait des consignes sanitaires. Qualifiée par certains d’écoblanchiment ou de rendez-vous raté, la COP 26 a déçu un grand nombre d’ONG et de scientifiques qui dénoncent des promesses creuses et des objectifs trop lointains.

Car même dans le cas d’une réduction drastique des émissions de gaz à effet de serre, les sociétés vont être amenées à s’adapter, parfois difficilement, aux répercussions inéluctables du réchauffement, avec une augmentation sensible des températures de l’ordre de 2,7 °C d’ici à 2100 selon un rapport de l’ONU. Les alertes ne datent pas hier. Dans l’urgence, nous voudrions que tout aille vite et voir se dessiner des actions concrètes dès maintenant. À l’approche des fêtes, des promesses vraiment tenues seraient le meilleur des cadeaux de Noël.